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Cannes: Lars von Trier exclu du Festival

Cannes: Lars von Trier exclu du Festival, « La Piel que habito » et « Ichimei » présentés en compétition
Le réalisateur danois Lars von Trier a été déclaré jeudi « persona non grata » au Festival de Cannes, après avoir affirmé la veille « comprendre » Hitler. La compétition officielle s’est poursuivie avec la présentation de « La Piel que habito » de l’Espagnol Pedro Almodovar et « Ichimei » du Japonais Taskashi Miike.

Palme d’or à Cannes en 2000 pour « Dancer in the Dark », Lars von Trier a été prié jeudi de quitter le Festival, avec « effet immédiat ». Le Conseil d’administration du Festival, réuni jeudi en séance extraordinaire, a dénoncé des propos « inacceptables, intolérables, contraires aux idéaux d’humanité et de générosité qui président à l’existence même du Festival ».

Une porte-parole du Festival a ensuite indiqué que son film « Melancholia » restait en compétition officielle. S’il est récompensé dimanche, von Trier « ne sera pas là pour recevoir le prix », a-t-elle ajouté.

Lors de la conférence de presse de présentation de « Melancholia », mercredi, Lars von Trier s’était lancé dans un monologue décousu sur Adolf Hitler et la Deuxième guerre mondiale, tout en affirmant plaisanter.

« Je comprends Hitler. Je pense qu’il a fait de mauvaises choses, mais je peux le voir assis dans son bunker », avait notamment déclaré le réalisateur, ajoutant avoir « un peu de sympathie » pour le dictateur nazi.

« Je ne suis pas pour la Deuxième Guerre mondiale, et je ne suis pas contre les Juifs. Je suis bien sûr pour les Juifs, non, pas tant que ça car Israël fait chier », avait poursuivi le cinéaste, sous le regard consterné de Kirsten Dunst, une des interprètes de « Melancholia ». Les organisateurs du Festival avaient dans la foulée diffusé un communiqué affirmant que le réalisateur s’était « laissé entraîner à une provocation » et qu’il présentait « ses excuses ».

L’exclusion de Lars von Trier n’a pas perturbé le programme du Festival. Avec « La piel que habito » (littéralement, « la peau que j’habite »), de Pedro Almodovar, l’acteur espagnol Antonio Banderas retrouve ses racines et le cinéaste qui a contribué à lancer sa carrière, avec « Matador » (1986) et « Femmes au bord de la crise de nerfs » (1988).

Loin de ses rôles hollywoodiens, Antonio Banderas incarne avec retenue un éminent chirurgien esthétique, le docteur Robert Ledgard, dont la femme a été brûlée dans un accident de voiture. Depuis, il se consacre sans relâche à la création d’une nouvelle peau, avec laquelle il aurait pu la sauver…

Cela fait plus de 20 ans que Banderas et Almodovar n’avaient pas travaillé ensemble. « C’est une partie de ma vie. Je pourrais presque comparer ça avec un retour dans mon pays, à mes racines, avec toutes ses misères, ses grandeurs, toutes ses contradictions et tout ce qui va avec », a expliqué l’acteur au cours d’une conférence de presse de présentation.

Librement adapté d’un roman de l’écrivain français Thierry Jonquet, « La piel que habito » reprend plusieurs des thèmes chers à Almodovar, identités sexuelles troubles, obsessions, secrets de familles. Le spectateur, explique Antonio Banderas, découvre au fur et à mesure le caractère tourmenté de son personnage, « mais sans grands gestes, sans grands mouvements devant la caméra ».

Il est également questions de secrets dans l’autre film présenté en compétition, « Ichumei », du Japonais Takashi Miike.

Hanshiro, samouraï sans ressources, souhaite mourir dignement et demande a Kageyu, intendant du clan Ii, l’autorisation de pratiquer un suicide rituel (seppuku) dans la cour de son domaine. Kageyu essaie de dissuader Hanshiro, en lui contant l’histoire de Motome, un jeune ronin (guerrier sans maître), venu plus tôt avec la même requête…

Dans un tout autre registre, le film « The Artist », du réalisateur français Michel Hazanavicius, a été chaleureusement accueilli lors de sa présentation jeudi, hors compétition. Tourné en noir et blanc, « The Artist », avec Jean Dujardin et Bérénice Bejo dans les rôles titres, rend hommage au cinéma muet des années 20. C’est logiquement un film sans paroles, la « forme ultime du cinéma », selon Michel Hazanavicius.

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