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Candidatures secrètes pour France Télévisions

Le CSA a validé le mode de nomination du président du service public.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a donc opté pour le «ni-ni». Ni absolue transparence ni totale confidentialité. Réunis mercredi en assemblée plénière, les sages du CSA devaient se pencher sur l’épineuse question du processus de nomination du futur président de France Télévisions. Ce dernier doit en effet être désigné entre le 22 avril et le 22 mai prochain par le gendarme de l’audiovisuel. Concrètement, les candidatures devront être envoyées entre le 9 et le 26 mars à l’attention du président du Conseil supérieur de l’audiovisuel. L’instance de régulation procédera à l’ouverture des plis le mercredi 1er avril et rendra public dans la foulée le nombre de candidats mais sans leurs noms.

À partir de ce moment-là, les membres du collège établiront une short list de postulants, en se basant sur le projet stratégique que chacun d’entre eux a l’obligation de fournir. Les candidats sélectionnés passeront ensuite, à tour de rôle, un grand oral qui se déroulera à huis clos, conformément à la loi.

Une procédure identique à celle de Radio France

Jusqu’ici, la procédure retenue par le CSA est en tout point identique à celle mise en place au moment de la nomination du président de Radio France, au printemps dernier. Toutefois, le régulateur a introduit une petite nouveauté. Alors qu’il avait dévoilé la liste restreinte des concurrents pour Radio France, cette fois, la short list«sera rendue publique à la condition qu’aucun des candidats retenus ne s’y oppose auprès du président», indique l’instance. En clair, il suffira pour cela qu’un seul des candidats en fasse la demande pour que la short list demeure secrète. Un scénario assez probable. Cette question de la confidentialité est celle qui agitait les membres du CSA. Les uns étant partisans d’une procédure parfaitement transparente, jugée plus démocratique. Les autres penchaient davantage pour un processus confidentiel, estimant que c’est le moyen le plus efficace d’attirer des pointures, en poste dans le privé notamment, qui auraient donc gros à perdre si leur anonymat n’était pas respecté. Seul risque, et non des moindres: cette procédure ne les mettra pas à l’abri de fuites dans la presse.«Les fuites, cela relève de la conscience de chaque membre du collège», prévient le président du CSA, Olivier Schrameck.

En introduisant cette petite innovation dans le processus de nomination, Olivier Schrameck, qui militait en faveur d’une plus grande confidentialité, a joué finement sa partition. La responsabilité du secret incombe maintenant aux candidats et non au CSA. «C’est intelligent, estime Patrick Bloche, le président de la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale. Olivier Schrameck ne pourra pas être accusé de mettre en place une procédure opaque. Et d’un autre côté, compte tenu de l’enjeu qui est celui de France Télévisions, à savoir la gestion d’un budget de près de 3 milliards d’euros et de 10.000 salariés, il ne se prive pas d’ouvrir le champ des compétences. C’est une alchimie bien équilibrée», conclut le député PS.

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