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Canal se mobilise pour Vivendi

À deux semaines de l’assemblée générale de Vivendi, la tension monte. Au centre de la tempête, les demandes d’un actionnaire activiste, le fonds américain Psam, qui détient 0,8 % de son capital. Il appelle à une augmentation de la distribution des dividendes et à une cession d’Universal Music. Ces deux revendications suscitent l’inquiétude de la direction et des salariés du groupe Canal, l’autre division de Vivendi.

«Ce type d’actionnaires, dits activistes, estime que découper une entreprise améliore sa valorisation. Avec un tel raisonnement, le démantèlement est sans limites, s’inquiète Bertrand Meheut, président du groupe Canal. Les chaînes gratuites peuvent être séparées des payantes, la France de l’international, Studiocanal du reste…» Un raisonnement par l’absurde qui vise à démontrer que la vente d’actifs pour améliorer la rémunération des actionnaires peut mener à la disparition pure et simple du groupe. Un discours auquel sont sensibles les salariés du groupe Canal. Quatre syndicats ont fait savoir leur inquiétude : «Nous n’entendons pas laisser démanteler ce système vertueux qui favorise l’emploi et la création en France», ont-ils signifié dans une lettre ouverte. «Nous avons décidé de prendre position dans ce débat, parce qu’une logique purement financière vient s’opposer à une logique industrielle», explique Sylvain Thibon, représentant CFE-CGC.

Droit de vote double

Le moment est particulièrement sensible pour Vivendi. En cédant ses actifs dans les télécoms et les jeux vidéo, le groupe s’est doté d’un trésor de guerre de 4 milliards d’euros. Il lui reste encore 11,5 milliards d’euros à percevoir de cessions qui ne sont pas encore finalisées. De quoi aiguiser les appétits d’investisseurs à la recherche de meilleurs rendements. Même si Vivendi a déjà promis de redistribuer 5,7 milliards d’euros à ses actionnaires sur trois ans. Le groupe entend bien relancer sa politique d’investissements «dans les contenus et les médias». «Nous avons la chance d’avoir un actionnaire (Vivendi) qui nous permet d’envisager des investissements significatifs», souligne Bertrand Meheut qui se veut rassurant sur l’usage «prudent» qui sera fait de ces fonds. De fait, le dossier Dailymotion est replacé au centre de l’actualité de Vivendi.

Nous avons la chance d’avoir un actionnaire (Vivendi) qui nous permet d’envisager des investissements significatifs

Bertrand Meheut, président du groupe Canal

Deux autres points pourraient venir agiter l’assemblée générale du groupe, le 17 avril. Le premier concerne l’instauration de droits de vote double, comme le permet la loi Florange. Si la motion est acceptée, elle permettra à Vincent Bolloré qui détient 10 % du capital de disposer de 13 à 15 % des droits de vote, à date, et de plus de 18 % en 2017. Au grand dam des actionnaires américains du groupe, vent debout contre cette réforme.

Par ailleurs, Vivendi s’inquiète de voir ses actionnaires non européens se réunir pour constituer un groupe d’actionnaires qui détiendrait plus de 20 % de son capital. Dans ce cas, Canal pourrait être privé de sa licence d’émettre en France, comme le prévoit la loi audiovisuelle. Un chiffon rouge brandi par Vivendi pour tenter de décourager d’éventuels accords entre les investisseurs américains.

viaCanal se mobilise pour Vivendi.

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