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Bettencourt : le débat sur la liberté de la presse fait rage

L’affaire Bettencourt/Woerth se transforme, peu à peu, en un débat très polémique sur la liberté de la presse et le droit à l’information, certains jugeant que la ligne rouge a été franchie, d’autres soulignant que ce droit est un fondement de la démocratie.

Les virulentes attaques de la majorité et du gouvernement contre les révélations distillées notamment par Mediapart, sont jugées inadmissibles par le monde des médias, mais désormais également par des responsables politiques de tous bords.

« Méthodes fascistes », « presse des années trente », « graves dérives », « calomnie », les qualificatifs utilisés contre la presse ont été d’une rare violence. Sans citer spécifiquement ni journalistes, ni médias, le Premier ministre François Fillon a quant à lui dénoncé vendredi l’existence de « justiciers auto-proclamés ».

« J’ai vécu des attaques. Je n’en ai jamais vu d’aussi violentes et d’aussi basses », a déclaré Edwy Plenel, fondateur de Mediapart.

Le débat s’est installé entre tenants d’un accès contrôlé à l’information et ceux qui défendent un respect absolu de la liberté de la presse.

« Les attaques de ces derniers jours contre la presse sont à prendre au sérieux », pour Reporters sans frontières (RSF). « La dernière en date, consistant à vouloir rééquilibrer la liberté de la presse et le respect de la vie privée est particulièrement inquiétante et indigne d’un pays démocratique », a estimé l’association de défense des journalistes.

Pour le Forum des Sociétés de journalistes (réunissant 37 rédactions), « ces propos ne font que traduire la panique qui sévit au sommet de l’Etat et sa volonté de tenter de discréditer, même de la façon la plus odieuse, les médias quand il ne peut les contrôler ».

« Les politiques ne peuvent aujourd’hui se contenter de mépriser notre profession au prétexte qu’elle ne donnerait pas les informations que ceux-ci souhaitent diffuser », relève le Groupement des éditeurs de services en ligne (Geste).

L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin considère quant à lui « comme tout à fait dommageable pour la liberté dans notre pays les critiques intempestives qui sont faites à l’endroit de la presse ».

« Par la virulence des termes employés, l’UMP montre combien l’idée d’une presse libre et indépendante lui est insupportable », déplore la sénatrice Catherine Tasca (PS).

Les députés européens d’Europe Ecologie ont dénoncé ce « déchaînement haineux qui transgresse les règles de notre démocratie au coeur de laquelle le droit à l’information est sacré ».

Certains en revanche souhaiteraient que les journalistes s’en tiennent aux sources légales et s’abstiennent donc de publier des informations confidentielles comme le dossier médical de Johnny Hallyday.

« Le +droit d’informer+ doit se fonder sur une information obtenue de manière légale, loyale, et elle doit être exacte, objective, pertinente et répondant aux exigences fixées par la loi et la jurisprudence », peut-on lire dans un projet de résolution que compte déposer prochainement la députée UMP Muriel Marland-Militello, tout en se défendant de vouloir modifier l’arsenal juridique actuel.

RSF rétorque « qu’il est légitime et, plus encore, nécessaire que la presse se livre à des enquêtes journalistiques sur le monde politique, même au moyen de document procurés sans autorisation. Ce, dans la mesure où le journaliste poursuit +un but d’information du public sur une question d’intérêt général+, ce qui est le cas ».

Et l’ONG de conclure : « il est dans l’intérêt de nos démocraties d’être dotées d’une presse indépendante, parfois frondeuse, en bref, d’un contrepouvoir ».

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