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Aurélie Filippetti veut revoir le mode de financement des programmes télé

Aurélie Filippetti veut revoir le mode de financement des programmes télé

Présente au Festival international des programmes audiovisuels ce matin à Biarritz, la ministre de la Culture Aurélie Filippetti a indiqué vouloir faire évoluer la règlementation sur le financement de la production audiovisuelle. Le débat promet d’être animé.

Les chaînes vont devoir revoir leur mode de financement de la production audiovisuelle. C’est le souhait de la ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti. Présente ce matin au Festival international des programmes audiovisuels qui se tient à Biarritz jusqu’à dimanche, la ministre s’est prononcé pour une «modernisation des mesures de financement des oeuvres audiovisuelles». «Nous devons réfléchir, dans une logique de concertation, à une évolution de la réglementation de la contribution des chaînes de télévision à la production audiovisuelle», a-t-elle précisé.

En clair, cela signifie une remise à plat des décrets Tasca qui fixent les financements des chaînes à la production d’oeuvres cinématographiques et audiovisuelles européennes et françaises. Le Sénat vient de lancer des groupes de travail autour de ces questions. «Je souhaite que le gouvernement puisse tirer des conclusions du travail des sénateurs», a indiqué la ministre, clôturant une table ronde sur l’avenir du financement de la création en 2013.

 

Les chaînes ne sont pas propriétaires de leurs programmes

Un peu plus tôt, David Assouline, vice-président de la commission Culture, de l’Education et de la Communication du Sénat, avait réclamé l’organisation d’un «vrai débat» sur la question des droits patrimoniaux pour France Télévisions. «Aujourd’hui, en Angleterre, la BBC est entièrement propriétaire des programmes qu’elle finance», ce qui n’est pas le cas des chaînes en France, a-t-il regretté. Il a plaidé «pour que le service public ait des droits et, qu’en échange, il permette une plus grande circulation des oeuvres sur l’ensemble de ses chaînes». «C’est un débat qui monte», a-t-il ajouté.

En France, les chaînes ne sont pas propriétaires des droits des films et séries qu’elles cofinancent. On a confié ces droits aux producteurs pour limiter la puissance des chaînes de télévision. Ce qui fait qu’une fiction comme «Un gars, une fille» financée par le service public, fait aujourd’hui les beaux jours de M6. Ou encore «Navarro», financé par TF1, booste les audiences de D8 (groupe Canal+).

«Muraille de chine entre producteurs et diffuseurs»

Le patron de TF1 Nonce Paolini peste régulièrement contre ce système qui «a érigé une espère de muraille de Chine entre producteurs et diffuseurs», disait-il récemment lors d’un petit déjeuner organisé par la chair Media & Entertainment de l’Essec. Il appelait à un «rééquilibrage» pour avoir une «création française ultra performante et exportatrice». Selon lui, «aujourd’hui on doit investir tous les ans 750 millions d’euros les uns et les autres dans la fiction française pour des exportations qui doivent représenter à peu près 20 millions par an». Le fait est que, ne détenant pas les droits des programmes, les chaînes de télévision ne touchent pas ou très peu de recettes quand celui-ci est diffusé sur une autre chaîne que ce soit en France ou à l’étranger.

Par ailleurs, lorsqu’une chaîne veut mettre un programme en télévision de rattrapage, elle doit à nouveau négocier des droits supplémentaires. Il y aurait peut-être des choses à faire pour permettre aux chaînes de négocier des droits globaux comprenant le web et la diffusion linéaire sur l’écran TV, précise-t-on dans l’entourage d’Aurélie Filippetti.

La question du financement de la production audiovisuelle est lourde et complexe. Les décrets Tasca qui datent de 1990 avaient déjà été révisés en 2008, mais cela avait nécessité deux ans de longues et fastidieuses discussions. Et généralement, le sujet déchaine les passions. Juste après l’intervention de David Assouline, Sophie Goupil, vice-présidente de l’Union syndicale de la production audiovisuelle (USPA), a protesté. «Il y a confusion entre droits et recettes. Les producteurs ont besoin des droits pour exploiter les programmes à l’extérieur et sur de nombreuses années. Ce travail là, il revient bien au producteur de le faire», a-t-elle estimé. Voilà qui promet des débats animés.

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