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AFP : révolution numérique et crise économique des médias pour le nouveau Président

Le futur PDG de l’Agence France-Presse, qui sera désigné dans les prochaines semaines parmi une petite dizaine de postulants, devra conduire la mutation de l’agence mondiale d’informations entre révolution numérique et crise économique des médias.Les candidatures à la présidence de l’AFP devaient être déposées jeudi soir, avant d’être sélectionnées par un comité de cinq administrateurs de l’AFP. Le nouveau PDG succédera à Pierre Louette, 47 ans, qui a démissionné pour devenir secrétaire général de France Télécom.

L’AFP, une des trois agences mondiales avec l’Américaine Associated Press et la Britannique Reuters, est confrontée aux difficultés de la presse écrite (25% des abonnements) frappée de plein fouet par le recul de ses ventes et l’effondrement de ses recettes publicitaires. Parallèlement le marché de l’internet est en plein essor mais cherche toujours son modèle économique.

Alors que l’Etat contribue à travers les abonnements de ses services à environ 40% des recettes de l’AFP, le gouvernement avait demandé à Pierre Louette de proposer une réforme du statut de l’agence (une loi datant de 1957) afin de lui permettre de financer son développement, notamment dans le multimédia.

Pierre Louette a préconisé, en mars 2009, la transformation de l’AFP en société à capitaux publics et suggéré que la Caisse des Dépôts et Consignations en devienne l’actionnaire principal. Cette proposition a été à l’origine d’un débat public au Parlement.

« Le prochain PDG va devoir diriger une entreprise en pleine mutation dans un environnement secoué, la situation financière de l’AFP est saine, les enjeux importants à l’heure où le rôle même des agences est remis en question », selon un familier du dossier.

Les agences de presse doivent affronter la concurrence de leur propres clients à travers leurs sites internet respectifs. « L’AFP est tentée de s’adresser directement à des lecteurs, mais elle est freinée par sa gouvernance », a ajouté cette même source. Le conseil d’administration de l’AFP est composé pour moitié des représentants des clients de la presse française.

Le gouvernement, après avoir affiché sa volonté de réformer le statut de l’Agence, a retardé le processus et demandé en janvier à cinq experts, sous la direction d’Henri Pigeat, un ancien PDG de l’AFP, de lui remettre un rapport proposant des pistes d’évolution pour l’agence. Le rapport doit être remis début avril, au moment le Conseil d’administration de l’AFP devra choisir le nouveau patron de de l’agence.

Au sein du Conseil d’administration, certains membres souhaiteraient que les conclusions du rapport soient connues avant la désignation du PDG. D’autres considèrent que le contenu du rapport ne doit pas interférer avec l’élection du président. « Le Conseil doit avant tout désigner la personne la plus capable de diriger l’entreprise, les pistes que proposera le rapport pourront éclairer le nouveau PDG », a souligné une membre du conseil sous couvert de l’anonymat.

Les auditions des candidats pré-sélectionnés se tiendront au cours des deux prochaines semaines. Le comité de sélection proposera ensuite aux quinze administrateurs une « short list » qui débouchera sur un vote.

Douze voix sur les quinze du conseil d’administration sont nécessaires pour être élu. Si une telle majorité n’est pas réunie à l’issue de trois tours de scrutin, le scrutin est à la majorité simple, parmi deux candidats soumis par le Conseil supérieur, organe composé de personnalités indépendantes chargé de veiller au respect du statut de l’AFP.

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