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Affaire Charlie : chaînes et radios préparent la riposte contre le CSA

En désaccord avec les sanctions de l’autorité de régulation de l’audiovisuel, les médias envisagent des recours devant le Conseil d’État.

La pilule est amère et ne passe décidément pas. Sévèrement mis en cause par le CSA pour leur traitement des attentats de janvier 2015, les radios et chaînes de télé ont décidé de contre-attaquer.

Elles ont prévu de se réunir ce mardi après-midi dans les locaux de TF1 pour déterminer la manière la plus appropriée de répondre en commun au gendarme de l’audiovisuel. «Au-delà du besoin de se retrouver, alors que nos rédactions travaillent désormais dans une grande instabilité, la question que l’on se posera, c’est comment faire pour ne pas en rester là», prévient un directeur de rédaction. «Il y a unanimité des médias pour dire que le CSA est allé trop loin», résume un dirigeant de chaîne.

Jeudi dernier, le CSA avait délivré 21 «cartons jaunes» à tous les médias audiovisuels, sauf M6. Motifs: atteinte au respect de la dignité de la personne humaine et non-respect de la préservation de l’ordre public. Furieuses d’avoir été aussi durement taclées, radios et télévisions n’ont pas tardé à réagir. «Sanction injuste», réponse «totalement disproportionnée», «volonté de mise au pas», «injonction au silence», «bâillon aux rédactions»…

«Débat de fond public»

La rencontre de mardi devrait faire salle comble: les représentants de toutes les rédactions réprimandées ont répondu présent. Pour les radios et les télévisions, l’objectif est double. Il s’agit, d’une part, de marquer le coup vis-à-vis du CSA en rédigeant un texte de principe commun sur le droit à l’information. Pour la première fois, télévisions et radios ont décidé de faire bloc.

Sans doute espèrent-elles peser ainsi davantage face au gendarme de l’audiovisuel. «Il est plus facile de réagir collectivement que de prendre seul de front le CSA et son président, Olivier Schrameck», éclaire un patron de chaîne.

D’autre part, les représentants des rédactions devraient examiner l’opportunité d’un éventuel recours devant le Conseil d’État. Ou plutôt de plusieurs recours. Dans la mesure où les mises en demeure sont distribuées de manière individuelle, elles ne peuvent faire l’objet d’une action collective.

«Le CSA a été au-delà de sa mission. Ce n’est pas à lui d’établir une jurisprudence sur la liberté d’information», glisse un dirigeant de chaîne. «On n’est pas au bon échelon. Ces questions relèvent du législateur et non du CSA», complète un autre.

Porter l’affaire devant le Conseil d’État aurait donc deux mérites. Pour les médias, il s’agit de se positionner fermement afin d’éviter une régulation encore plus stricte, comme pourrait l’envisager le CSA, alors que les sites Internet et les réseaux sociaux échappent, eux, à la tutelle du régulateur. Surtout, la procédure obligerait à «un débat de fond public et transparent», estime un autre patron de l’audiovisuel.

Celui-ci pourrait s’engager rapidement. La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a affirmé sur i-Télé qu’elle allait «faire en sorte, avec le ministre de l’Intérieur et avec la ministre de la Justice, de donner un cadre plus clair aux journalistes et aux chaînes de télévision, notamment celles qui travaillent en continu».

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