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Après les fuites sur le prébilan au vitriol du CSA sur France Télévisions,

, son président, contre-attaque dans un courrier adressé en interne à tous ses collaborateurs.

La riposte n’a pas traîné. Après la publication mardi par BFMTV d’extraits d’un bilan très critique du CSA vis-à-vis du mandat de Rémy Pflimlin, c’est au tour de France Télévisions de contre-attaquer.
Dans un courrier adressé mercredi à l’ensemble de ses collaborateurs, le président du groupe audiovisuel public s’en est ouvertement pris à l’autorité de régulation. «Dans un contexte de mutation numérique des médias, dans une époque de crise où la société française est déstabilisée, nous avons besoin d’un régulateur rigoureux, transparent et compétent», a-t-il taclé.
Avant de rédiger ce courrier acerbe, Rémy Pflimlin a tenté la manière douce. Il s’était en effet fendu d’un coup de fil à Olivier Schrameck, le président du CSA, afin d’obtenir un démenti, «convaincu que le rapport incriminé ne pouvait correspondre à ce que veut exprimer le Conseil».
Dans un communiqué, le gendarme de l’audiovisuel a tenté de minimiser les fuites, évoquant un «document préparatoire» et indiquant qu’il «ne saurait préjuger ou faire préjuger de sa position collégiale». Pas de quoi calmer Rémy Pflimlin pour autant. Car le prérapport est lourdement à charge pour sa mandature débutée en 2010 et qui doit prendre fin en août 2015. Chaînes, programmes, management, éthique… Le document pointe «nombre d’objectifs non atteints et d’insuffisances».

Certes, Rémy Pflimlin admet que «beaucoup de choses n’ont pas été encore faites et restent à faire pour améliorer le fonctionnement et l’exercice des missions de France Télévisions». Mais il fustige dans la foulée un prébilan qui «méconnaît chacune de nos antennes ainsi que nos organisations, émet des affirmations erronées ou caricaturales et relève également d’une ingérence dans l’information». Le président de France Télévisions ne manque pas de pointer que le groupe est confronté à une fusion des plus complexes et doit, en outre, composer avec des ressources en baisse constante. Au passage, Rémy Pflimlin en profite pour rappeler à nouveau que «France Télévisions est au rendez-vous des grands enjeux qui lui permettront de construire son futur: la révolution numérique, l’information, la différence et la richesse des programmes par rapport à l’offre privée, la modernisation de ses structures sociales ainsi que de sa gestion».
«Si cela constitue la feuille de route du futur président, cela ressemble drôlement à un tapis de bombes»

Car, en dressant, dans sa première version, un bilan peu élogieux de la mandature de Rémy Pflimlin, le document du CSA, qui doit choisir dans cinq mois le prochain président de France Télévisions, a clairement tenté de décourager cette candidature.

Voilà quelques semaines, Rémy Pflimlin s’était dit «intéressé» par un second mandat dans les colonnes du Figaro. «Le CSA s’est pris les pieds dans le tapis, décrypte un bon connaisseur du secteur. Il y avait des manières infiniment plus discrètes de le lui signifier.»

Autre problème que pose le document: il dessine en creux les missions du successeur de Rémy Pflimlin. Et au vu des critiques formulées, la tâche semble s’apparenter à une mission quasi impossible. Un «job» en forme de cadeau empoisonné qui pourrait décourager les éventuels candidats… «Si cela constitue la feuille de route du futur président, cela ressemble drôlement à un tapis de bombes», glisse un fin connaisseur du service audiovisuel public.
Le document pose en outre une autre question. Celle de la compétition larvée entre le CSA et le gouvernement quant à la définition des missions de France Télévisions pour 2015-2020. Le rapport définitif du CSA sera, lui, connu dans les prochaines semaines. À ce stade, sa tonalité pourrait s’adoucir.

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