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Audiences radio : NRJ au plus haut, les généralistes au plus bas

c5b3a538-6f6f-11e1-9e2d-8f6883f0f219-493x328Ce matin, c’est la soupe à la grimace dans la plupart des stations de radio. Toutes les radios généralistes et d’information boivent la tasse en terme d’audience selon la mesure d’audience du Médiamétrie sur la période avril-juin 2014, qui vient d’être publiée. D’avril à juin 2014, les audiences de RTL (10,7 % d’audience cumulée), France Inter (9 %) et France Info (7,5 %) n’ont jamais été aussi basses depuis 10 ans! RTL a perdu 1,3 point d’audience sur un an, même si la station reste la première de France en terme de part d’audience (11,1 %) et France Inter en a abandonné 0,9 point. Les stations généralistes auraient ainsi perdu près d’un million d’auditeurs sur un an.

Cela a entraîné une baisse générale de la consommation du média radio qui a retrouvé son étiage de 2009, au plus fort de la crise. Désormais, 80,6 % des Français écoutent la radio, alors qu’ils étaient encore 82 % l’an dernier à pareille époque.

L’explication la plus évidente est que la multiplication des mauvaises nouvelles plombe le moral des Français qui du coup se détournent de l’information pour aller chercher de l’humour et du divertissement.

«En fait, il y avait des prémices de cette baisse dès janvier 2014. Avec la prolongation de crise et la multiplication des affaires politiques et juridiques, les Français montrent une moindre appétence pour l’information. C’est une situation conjoncturelle mais il va falloir être très patient car cela va encore durer», explique Christopher Baldelli, le président du directoire de RTL.

Le Mondial ne profite à personne

L’audience d’Europe 1 (à 8,7 %) est aussi à un point très bas, tandis que la progression régulière de RMC a été stoppée nette avec un recul à 7,6 %. Résultat, RMC qui voulait clairement dépasser Europe 1 voit sa rivale s’éloigner. Et Europe 1, qui visait le retour à 10 % d’audience, voit également cet objectif s’éloigner. «Certes, Europe 1 baisse, mais moins que les autres stations généralistes», souligne Denis Olivennes, PDG d’Europe 1. «Sur l’ensemble de la saison, nous pouvons nous réjouir. Europe 1 a réduit l’écart avec RTL et France Inter qui nous précèdent et a augmenté la distance avec RMC qui nous poursuit», ajoute-t-il

Les deux stations avaient misé massivement sur le Mondial de football pour se départager. Cela se termine par un match nul: aucune des deux n’en a profité. «Il faut dire que le Mondial au Brésil n’a compté que pour deux semaines dans la période de mesure d’audience (1er avril-30 juin) qui compte 13 semaines», explique Frank Lanoux, directeur général adjoint du groupe NextradioTV, maison mère de RMC. «Pour analyser la baisse des généralistes, il faut encore être prudent. Mais une chose est sûre, la radio a perdu le monopole de l’information en journée et se retrouve concurrencé par les sites Web, les alertes sur smartphone et les chaînes d’information en continu comme la nôtre BFMTV», ajoute-t-il.

Par effet de vase communicant, la désaffection des auditeurs pour les stations généralistes profite pleinement à NRJ. La radio musicale profite de cette vague pour retrouver ses niveaux records avec 13 % d’audience cumulée. En septembre 2013, Jean-Paul Baudecroux, PDG de NRJ Group» avait pronostiqué dans une interview au «Buzz Média Orange-Le Figaro» qu’il atteindrait cet objectif.

Parmi les autres stations gagnantes de cette vague d’audience, se trouve France Culture, dont l’audience est stable à 2 % mais dont la durée d’écoute augmente fortement. «Avec la compétition que se livrent toutes les généralistes, elles finissent par toutes se ressembler. Du coup, France Culture qui a une véritable identité fait entendre sa voix», explique Olivier Poivre d’Arvor, directeur de la station.

Autre grand vainqueur: Radio Classique, dont l’audience cumulée progresse nettement pour atteindre 2,2 % et dont la part d’audience grimpe à 1,9 %. «Ce résultat valide notre format ; information le matin, musique l’après-midi. Radio Classique est devenue une sorte de refuge pour les auditeurs qui plébiscitent le ton différent. À la rentrée, Guillaume Durand commencera sa matinale dès 7h30», explique Étienne Mougeotte, le directeur général de cette radio.

«La proximité de nos stations régionales et la proposition éditoriale de nos radios musicales séduisent les auditeurs qui se détournent des grands médias généralistes nationaux», explique Jean-Éric Valli, le président du groupement des radios indépendantes. Ce groupement de 128 radios montre effectivement une forte hausse de l’audience à 16,6 % contre 15,5 millions il y a un an.

Gros changements à la rentrée

Pour réagir à ce tremblement de terre, RTL et France Inter ont annoncé de gros changements pour la prochaine saison. «RTL a apporté une réponse rapide à cette baisse en annonçant l’arrivée d’Yves Calvi à la tête de la matinale. Yves apportera un ton différent et traitera l’information avec plus de pédagogie. On n’en fera pas le journal des bonnes nouvelles pour autant», ajoute Christopher Baldelli. RTL a aussi opté pour le changement l’après-midi et Laurent Ruquier qui a pour mission de remplacer l’icône Philippe Bouvard aux Grosses Têtes.

De son côté, Mathieu Gallet, le nouveau PDG de Radio France, a décidé de mener le changement sans plus tarder. Il a commencé par les après-midi de France Inter qui étaient devenues des véritables déserts d’audience. En revanche, il a maintenu Patrick Cohen à la tête de la matinale. C’est un véritable pari. Car si RTL peut se prévaloir d’être devenue la première radio de France sur la matinale avec 3,25 millions d’auditeurs en cumulé, c’est parce que la matinale d’Inter a encore plus baissé que la sienne pour revenir à 3,18 millions d’auditeurs.

«La matinale d’Inter reste très puissante sur les carrefours clés et autour de Patrick Cohen, nous avons rajeuni et féminisé les voix avec les arrivées de Léa Salamé, Rébecca Manzoni et Charline Vanhoenacker», explique Mathieu Gallet. L’autre grande bataille sera celle de la fin de l’après-midi. Nicolas Demorand prendra la tranche 18 à 19 heures et Inter doit dévoiler une nouvelle émission entre 17 et 18 heures

France Info à son plus bas

Autre grand chantier de la maison de la radio: France Info. Laurent Guimier, le nouveau patron de la station, arrive à un moment délicat. La station d’information en continu a touché son plus bas à 7,5 % contre 8,2 % il y a un an et près de 10,5 % au moment du 11 septembre 2001. À cette époque, France Info régnait sur l’info en continu. Aujourd’hui, la station doit se réinventer. «Fabienne Sintes récupère une véritable matinale de 6 à 9 heures, Laurent Guimier va remettre la rédaction au cœur de l’antenne pour suivre l’info. Il a supprimé 50 des 90 chroniques qui occupaient l’antenne auparavant», poursuit Mathieu Gallet.

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